Espérance / Jean D’ormesson

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
Et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans aliénation, vivez autant que possible
en bons termes avec toutes personnes.
Dites doucement mais clairement votre vérité.
Ecouter les autres, même les simples d’esprit et les ignorants :
Ils ont eux aussi leur histoire.
Evitez les individus bruyants et agressifs :
Ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne :
Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.
Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.
Soyez vous-même.
Surtout n’affectez pas l’amitié.
Non plus ne soyez cynique en amour car il est,
En face de tout désenchantement, aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années
En renonçant avec grâce à votre jeunesse.
Fortifiez-vous une puissance d’esprit
Pour vous protéger en cas de malheur soudain.
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères.
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez le droit d’être ici.
Et, qu’il vous soit clair ou non,
L’univers se déroule comme il le devait.
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez,
dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »

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Amina

Où je découvre au hasard d’une lecture d’un polar, qui traite des migrations, votre vie est une guerre madame, dit l’homme qui a réussi sur le dos de ces derniers pour faire un kilomètre dans sa vie et passer des barres d’une cité à une somptueuse villa, que la vraie frontière entre les hommes est un bout de papier récent qui se nomme passeport.
Un simple document qui remet en cause des milliers d’années où les femmes et les hommes circulaient sur le caillou bleu. Du papier pire que des murs. Une frontière à lui tout seul. Un interrupteur, qui déclenche mille et une procédures. Mille et une postures. Technofracture.
Où je découvre dans le même bouquin, décidément, qu’un beau jour, des occidentaux décidèrent que la seule monnaie serait l’argent, supprimant de facto les mille et une monnaies qui existaient ici et là, et les échanges qui allaient avec, entraînant de facto bis l’appauvrissement soudain et brutal de millions de personnes, y compris celles qui avaient géré leurs biens d’alors, devenus caduques.
Et puis je lis ce texte sur Slate.
Amina. Je pense à toi. A ta guerre. A la nôtre.

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Elastique

Le bon sens populaire aime à dire jamais deux sans trois. Une manière de convoquer avec fatalisme les lois des séries. Fatalement, au deuxième, on guette le troisième. Et lorsqu’il survient, on espère que la foudre va cesser.
Du coup, on est nettement moins préparés lorsque surviennent le cinquième, le sixième, le septième.
Alors on ferme les yeux. On soupire. On tente d’expirer l’air qui vient à manquer. Qui se tasse dans l’estomac. Qui brûle les yeux.
Et l’on se surprend, face à l’inexorable, à trouver qu’encaisser c’est élastique.
Le mots sonnent bien creux quand ils disent face à l’effroi que la vie continue. Et pourtant, notre propre survivance en est un éclairage. Parmi d’autres.

Je suis venu nettoyer ma mémoire

C’est donc là. C’est donc Ici. Dans un recoin du centre de l’Allemagne. Là qu’est née l’omerta. Mots de guerre. Stalag 9. Baraquements. Trutzhain. Un dénommé Daniel, parti sur les traces de son père, nous a grandement aidé. Papy, tu y as passé cinq (ou six) années dont on ne sait quasiment rien. A ce qu’il paraît, tu as tout jeté en rentrant. Tu n’en as jamais parlé. Quelques uns disent que tu as tapé dans la gourde et pas seulement dans la gourde ensuite, et que parfois, tu rêvais en allemand. J’entre dans un tunnel à ciel ouvert. Je viens en ce jour de juillet 2017 avec les yeux d’aujourd’hui.

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Critique N°3 / Et Manu rêva

Dans la série elles ont accepté de lire en avant-première le tome 2 du livre Les Mots Bleu (et oui, je me rends compte que ces dames se sont portées volontaires, mais où diantre sont les gars à par Michel bien sûr !), et d’en dire quelques mots, voici la troisième critique signée cette fois Emmanuelle Toussaint. 

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Critique N°2 / Dis-moi Cécile

Voici la seconde critique Des Mots Bleu 2, proposée par Cécile Tué. Une personne que je ne connais pas. Son nom m’a été soufflé par une mienne connaissance. Elle s’est beaucoup impliquée pour faire sérieusement le job. Grand merci à elle ! Pour une raison que vous comprendrez en lisant, pas de photo avec cette chronique. Des mots. Rien que des mots. C’est bien aussi 🙂

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