Un concert de Arthur , c’est une magnifique échappée à bord’un vaisseau qui vous embarque et dont vous ressortez avec de la chaleur dans le coeur, les couilles gonflées à bloc, des rêves et des images plein la tête, tête sur laquelle flotte désormais un chapeau. Et c’est fou ce qu’on peut faire avec un chapeau !

Mmmmmmmmmmhhhhhh. Trente fois. Mille fois. Comme un échange de ping-pong. 
Mmmmmmmmmmhhhhhh, fait l’artiste avec un sourire qui mêle distance pudique et proximité chaleur. Mmmmmmmmmmhhhhhh répond le public qui se dandine dans la salle. Mmmmmmmmmmhhhhhh fait l’artiste. Charmé. Mmmmmmmmmmhhhhhh répond le public, sous le charme.
Le charmeur charmé charme ceux qui ne demandaient qu’à être charmés (et dont certains l’étaient déjà par accoutumance et longévité dans le suivi) avec ses deux acolytes : à sa droite Nicolas Repac, à la gratte,à la voix, et tant d’autres sons. A sa gauche Raphael Seguinier, batteur de son état et complice quand jaillira un moment de franche drôlerie et d’échappée verbale du charmeur au chapeau, quand un morceau ne démarrera pas tout à fait quand il aurait fallu, et qu’inlassablement, le batteur tapotera sur ses baguettes pendant qu’Arthur H nous contera l’histoire amiotique de ce baťteur, qui avait un coeur et deux baguettes dans le ventre de sa mère. Un coeur deux baguettes et pas encore de tête 😊 Chapeau !
Arthur H se produisait un jeudi de brouillard épais à l’Arsenal de Toul (54). Un nom qui lui a bien plus puisqu’en préambule, il nous promet de la dynamite. La mèche était fastoche à allumer. Le briquet était joyeux.
Il est arrivé sous son chapeau qui ne le quittera pas au point qu’on se demande s’il dort avec. Peut-être le truc est collé là, faut dire que ça mouline, dessous, et que le chanteur, alors que ses doigts gambadent en permanence et quasiment sans interruption sur un orgue aux sons multiples, ne se fait pas prier pour nous faire partager ses odes à l’amour, à la femme, aux corps, et à la lune. On imagine le gamin qui la regardait. L’ado qui dormait dessous. L’adulte qui y enfouit ses rêveries. Cette lune qui élève du caniveau. Par ici la beauté !
Arthur H nous embarque dans son vaisseau et l’on flotte avec lui deux heures trente durant. Ravis. Enveloppés par cette voix chaude et rauque et aiguisée et douce aussi.
Enveloppés par les mots qui coulent dans ses veines. Des mots crus, des mots tendres, des mots doux, des motus, des mots dits. 
Enveloppés par les sons que les trois musiciens nous offrent pour relier tout ça. Certains jaillissent même d’un drôle d’atelier. Arthur H s’y love un instant. Nous tourne le dos. Un écran apparaît. Voilà ses mains, il  frotte des trucs, secoue des machins, bref, installe une ambiance sonore. Puis il retourne la caméra, mode selfie, et nous chante de face en nous tournant le dos. Ouais, y’en a sous le chapeau ! 
Alors forcément, à un moment, le public charmé par le charmeur descend dans l’arène pour se déhancher sous les regard. Mmmmmmmmmmhhhhhh. 
Et que dire de cette voix ! Si singulière, si poétique, si sensuelle et si sexuelle, des prairies du farwest à Tokyo en passant par Montréal, des prairies et des ruisseaux, sous la lune exactement. Une voix qui déroule le dernier album et quelques autres chansons pour nous rappeler qu’en fait, l’arsenal, c’est lui.
Et c’est d’un sourire brun chaleureux comme ses yeux qui se plissent, la main sur le coeur, puis les deux poings brandis qu’il reçoit nos mercis nos applaudissements et nos rappels. Puis il nous libère pour la nuit, loin de #Bigeard et #Morano.
C’est bon. C’est chaud. Chapeau l’artiste !

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