Au pays des migrants

Un polar vibrant d’humanité au coeur des couches sales des migrations modernes. Animales. 

Olivier Norek, c’est du polar à la française de maintenant et je vous recommande sa dernière livraison en poche. Nous voilà aspirés par les vagues migratoires, la lande de Calais, dans les pas de femmes, d’hommes et d’enfants, surtout d’enfants, qui, bien loin de nos conforts, se coltinent des existences dont on sent bien que la réalité n’est même pas dépassée par la fiction, sûrement bien au contraire.
En toile de fond, l’attitude de chacun lorsqu’il est confronté à la question du que faire ?Comme d’habitude chez Norek, le livre se mange dans une tension permanente, des mots secs, des faits précis. On suit les personnages à la trace, on laisse de côté parce qu’on s’en fout quelques facilités littéraires, de la ficelle qui ne nous ligote pas, l’esentiel est sur le fond. Qui est cet enfant au juste ? Que va-t-il devenir ?
Et les flics ? Et les services secrets ?
Syrie, Afghanistan, Lybie, Soudan, France et surtout désirs d’Angleterre. 
Le beffroi de calais, qui rime avec effroi. Et froid. Parce que le camp fait du mal aux veines humanistes. Un polar utile. Un polar nécessaire, même. 

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